Il parraît que l’OTAGO, région centrale de L’île du sud où nous sommes depuis cinq mois est à l’antipode de Valence en France…. Nous avons donc un automne très sec et les couleurs des arbres que nous connaissons en France sont très intenses… les levés de soleil donnent des dégradés de rose ,d’orange et de bleu dans le ciel et sur le lac quand la lumière arrive de derrière la montagne….la tombée du jour est aussi très colorée mais la nuit est devenue une nouvelle curiosité pour nous….la voute céleste est complètement différente ici…. Même la lune ne semble pas être vue sous le même angle; la plupart des constellations nous restent encore inconnues mais nous avons repéré la fameuse “croix du sud” et nous essayons de décripter un peu la voie lactée nettement bien visible dans l’hémisphère sud.

Pendant l’absence de Bruno, nous sommes descendus accompagnés par Cécile notre nouvelle amie française, adorable compagnie pour nous quatre, vers la côte la plus australe de l’île , Les Catlins :
Slope Point a une latitude de 46,40min au Sud et une longitude de 169 min a l’Est.
C’est là que nous avons retrouvé l’agréable petit crachin bien chez nous et de chaleureux voisins anglais …. Mais, plus étrange, une forêt exubérante de Fougères arborescentes et d’immenses arbres natifs , de nombreuses baies sableuses sur une côte rocailleuse et découpée, une inaccessibilité entretenue ( une seule route est goudronnée pour 200 km d’est en ouest ) et une faune sauvage encore présente (pour combien de temps encore?…)
Là bas,à Curio Bay, nous avons piétiné une forêt fossile de 180 millions d’années; des troncs des souches de plantes du Jurassique devenus des roches balayées par le vent et les marées ….
Nous avons scruté les vagues dans Purpoise Bay pour admirer les rondouillards petits dauphins (Hector Daulphin) , les plus petits du monde entrain de surfer sur les vagues à quelques mètres d’enfants …et presque côte à côte avec plusieurs vrais spécialistes humains du fun de la glisse…
A Cannibal bay le lendemain nous étions pratiquement seuls face à l’océan, la plage et trois fameux Sea lions , ces drôles de phoques de 300 ou 400 kg en sieste sur le sable ne semblaient pas être effrayés par nos attitudes de touriste ni par les inscriptions de la seule habitation du lieu ….  Les catlins







Ces petits joyeux de la nature sont encore possibles ici ou ni la pression démographique , ni les jouissances touristiques ne sollicitent ces espaces de vie sauvage… 


Nous sommes aussi allés dans le Parc des oiseaux à Queenstown….pour enfin observer des KIWIS… des vrais , dans l’obscurité d’un vivarium permettant d’inverser le cycle de ces oiseaux nocturnes.
Des oiseaux bien aux antipodes de ceux que nous connaissons en Europe car ils font partis de la famille des Ratites , des oiseaux qui ne volent pas comme l’Autruche ou l’Emeu… ils ont de minuscules petits vestiges d’ailes bien invisibles sous le plumage…
Un plumage different de celui des oiseaux capables de voler et ressemblant un peu plus a des poils….
Des poils ils en ont aussi autour du bec comme des moustaches… et des narines au bout du bec qu’ils utilisent plutôt comme un nez…. ils ont un odorat bien developpé digne de certains mammiferes !…
Ils ont aussi des os très solides avec une moelle osseuse comme les bêtes qui courent et nom des os creux comme ceux qui volent .Leur temperature interne est aussi plus basse et plus proche de celle des chats que des poules…
Ils pondent cependant des oeufs, un seul dans un terrier et celui ci est si gros proportionnellement à la taille de la femelle (pour un petit kiwi de la taille d’une poule , son oeuf est six fois plus gros que celui d’une poule!) qu’après avoir pondu elle se precipite dehors du terrier pour se nourrir de vers et autres petits animaux du sol et de la litiere des forêts … c’est donc le père qui veille sur l’oeuf , le couve pendant 75 jours et le rechauffe pendant la première semaine , car il apprend à se tenir sur ses pattes.
Le Kiwi est l’emblème de la nouvelle Zélande mais ils ne courent pas les rues… Ils sont difficiles à observer dans leur milieu naturel et ils deviennent rares. Ils souffrent beaucoup de la destruction de leur habitat et des prédateurs,chiens, chats rats et autres animaux familliers des humains… 
D’autres extrêmes existent aux antipodes de la France comme l’apiculture… autour de Wanaka nous avons observe des dizaines de ruches d’une hauteur surprenante parmi les prairies.Nous avons rencontré plusieurs “beekeepers” et visité deux “Honey farms” dépasssant complétement nos références françaises:
4 000 ruches, des tonnes de miel de Vipérine ou de Manuka partant à l’exportation en Europe ou au Japon, un miel complétement “bio”rappatrié depuis la West coast (200 km) , des usines à miel permettant à sept personnes d’y travailler pendant la saison….et des abeilles exceptionnellement indemnes du Varoa….
 Lindis honey



De même les vins produits dans cette partie du monde semblent être une folie de plus de l’Homme en dépit de Dame nature…
Les vignes implantées ici doivent résister aux gelées précoses , aux sécheresses chroniques, à la pauvreté des sols et aux nuées d’oiseaux…. Dans le paysage desséché de la région , les vignobles colonisent les pâturages , l’irrigation est absolument nécessaire et il faut brasser et chauffer parfois l’air au printemps ou en automne . Dès la fin de l’été il est nécessaire de poser des filets sur toutes les plantes et malgré cette protection la récolte semble bien réduite… Le vin en sera-t-il meilleur? 

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|  les vendanges chez Rippon
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Après ces quelques éléments qui illustrent notre dépaysement parfois, nous avons donc eu l’envie de connaitre l’opinion des français installés dans cette region, leurs critères pour plaçer leur lieu de vie depuis un…dix…..vingt-cinq ans aux antipodes de leurs origines et aussi de comprendre pourquoi on quitte son pays et pourquoi on s’installe ici: 
Il faut commencer par Jacou que nous avions déjà rencontré il y a dix ans et qui a une grande place dans notre coeur… elle joue un rôle important pour beaucoup d’expatriés car elle est généreuse de son temps et écoute les attentes des nouveaux afin de leur donner les “bons tuyaux”….Ses voyages de jeunesse l’ont amené un peu par hasard en Nouvelle-Zélande et les grands espaces lui ont offert la liberté d’être elle-même, plus facilement qu’en France. Elle est la mère d’un jeune Mattias de 11 ans à qui elle veut transmettre sa langue maternelle et qui l’attache à cette partie du monde . Mais au quotidien elle reste nostalgique des bonnes rigolades et de la convivialité qu’elle a connu en France… 
Chantal est bien installée avec son compagnon allemand sur un petit vignoble qu’ils ont planté; elle travaille comme psychologue. Elle a fait le choix de venir s’installer en Nouvelle-Zélande après plusieurs séjours; elle désirait se réaliser ailleurs qu’en France. Elle apprécie enormément la nature encore préservée et apprécie la liberté d’entreprendre dans ce pays en comparaison du poids de la burocratie européenne….
Après une dizaine d’années ici, elle ressent les différences de mentalité et de comportement ( les Kiwis sont encore les descendants d’une population de pionniers…) et elle regrette beaucoup la langue française… 
C’est aussi le bout du monde pour Karine qui après un tour du monde à la recherche d’une “terre promise” lui permettant de rompre avec le cycle classique français (études, projet de carriere, boulot, retraite…) vit en Nouvelle-Zélande depuis 10 ans. Elle a trouvé ici plus d’espace et un rythme de vie plus détaché du travail mais aussi une nature renouvellée par les saisons comme chez nous…. Maintenant elle aimerait aussi faire découvrir à ses deux enfants ce qui lui manque comme les marques de l’histoire inscrites dans nos vieilles pierres, les ambiances de marchés ou les odeurs de pain et de nourriture…  
 Quand à Florence, elle vient de s’installer avec sa famille ( trois enfants) à Wanaka. Leur projet d’immigration est un vrai rêve qu’ils réalisent …
Elle a choisi cet “inépuisable terrain d’exploration et d’aventure” parce qu’ici les gens sont plus ouverts, agréables, prêts à s’entraider et sans a priori…parce qu’il y a de grandes étendues encore sauvages et aussi parce que l’organisation de la vie en société lui convient mieux. Les individus et surtout les enfants sont encouragés dans leur parcours, l’insécurité (les vols, la violence ,l’insécurité routière,le danger nucléaire… connues en France) n’existe pas .Elle a conscience de l’éloignement extrême de ses origines mais elle ne regrette rien car elle garde le contact avec ses proches des antipodes…. 
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